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1 juin 2008, le jour où la musique partit en fumée : l'incendie des archives UMG

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  • Daviplane
    a répondu
    De rien les amis. Je suis comme vous, j'ai vu passer la première info, et puis j'ai laissé filer. Mais depuis la mise à jour du NYT qui listait 700 (sept cents !) artistes lésés, je me suis dit que là, il fallait marquer le coup.

    Comme le dit Méliès, il faut se garder des généralisations caricaturales, il y a très certainement des labels tout-à-fait vertueux en matière de respect du patrimoine artistique, jusque dans son aspect matériel. Ce qui est effrayant est qu'ici, cela arrive à des labels jadis distincts qui ont été progressivement phagocytés par UMG. On ne saura donc jamais combien de ces labels, s'ils étaient restés dans l'indépendance, auraient géré leur catalogue différemment de ce qui a été décidé dans le groupe Universal, peut-être en évitant cette issue funeste. A contrario, on ne saura jamais si ces mêmes labels, isolés, seraient restés économiquement capables de soutenir les charges d'archivage.

    En tout cas le fait est que pour les labels de la galaxie UMG, il y a eu une uniformisation des pratiques d'archivage, et pas pour le plus robuste malheureusement... (parions qu'en interne on a parlé d'optimisation) Pour rappeler ce que dit Rosen, l'essentiel des musiques publiées jusqu'à aujourd'hui serait réparti dans les catalogues de trois conglomérats, pas davantage : UMG, Sony, et Warner Music Group. Il faut juste espérer que ces deux derniers soient un peu plus responsables quant à cet aspect de l'archivage des masters.

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  • Avatar de « Invité »
    Invité a répondu
    Merci David pour cette info qui est comme toujours avec toi bien développée et informative. Tout comme Méliès je l'avais vue et lue dans Le Monde mais travaillant actuellement sur plusieurs projets (vidéos sur des artistes et projet avec un peintre/sculpteur pour les journées du patrimoine à venir) je ne l'ai pas relayée à ma grande honte...

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  • voyageur
    a répondu
    Merci pour cette info .

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  • Méliès
    a répondu
    J'avais lu l'article dans le Monde, j'avais vraiment du mal à y croire, une sacrée bande de je m'en foutistes. Quand on voit la liste, ça fait du monde ! ça montre vraiment le peu de considération de ces grosses machines pour les artistes (même s'il ne faut pas être caricatural non plus). Tout cela est bien triste :(

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  • 1 juin 2008, le jour où la musique partit en fumée : l'incendie des archives UMG

    Je ne crois pas avoir vu l'info relayée ici, et on pourrait se dire qu'une quinzaine de jours après que les NY Times a mis l'affaire au jour dans son article The Day the Music Burned, ce n'est peut-être plus d'actualité.

    Toutefois l'étendue des dégâts font que cette affaire, malheureusement, risque de toujours rester d'actualité, d'autant que les dégâts ne sont qu'estimés, pour l'instant.

    Pour résumer, le 1er juin 2008 un incendie de grande ampleur a dévasté des plateaux des studios Universal, à Hollywood. Dans un premier temps, on n'a divulgué que les dégâts de quelques décors connus (dont certains de Retour vers le Futur), ou d'attractions du parc Universal. Cependant un entrepôt d'archives musicales conservées par Universal Music Group est aussi parti en fumée le même jour, et là, la transparence n'a pas été de mise. A l'époque, comme ça a été relaté dans cet article (en français) du Monde, on n'a déploré que des pertes relativement minimes :

    A la suite de l’incendie, la maison de disques minimise l’ampleur des dégâts en donnant les noms d’obscurs artistes des années 1940-1950 et en affirmant qu’il y avait là surtout des copies de documents.
    Mais depuis, les demandes de quelques artistes et agents sont restées lettre morte quand il s'est agit de sortir des archives UMG des bandes master en vue de réédition. Et c'est là que l'enquête de Jody Rosen, retracée dans The Day the Music Burned a relié les points : ce ne sont pas des copies d'enregistrement qui ont disparu en 2008. Ce qu'UMG a planqué sous le tapis pendant dix ans, c'est la perte irréversible de milliers de masters de grandes, très grandes stars.

    Un premier recensement des artistes touchés, dans ce même article, faisait déjà froid dans le dos. Cet entrepôt regorgeait d'archives provenant de différents labels absorbés par UMG au fil du temps : ABC, Geffen, A&M, etc., sur une période s'étalant des années 40 à nos jours. On allait de Cab Calloway a Nirvana, en passant par The Carpenters, Tupac, B.B. King, Sheryl Crow ou Steely Dan. Depuis, les représentants de plusieurs artistes (Tom Petty, Tupac, Soundgarden...) se sont associés à une plainte collective contre UMG.

    Le pire (1) : des masters sont perdus, ça c'est un fait, mais non seulement des masters. Il y a aussi, forcément, des prises alternatives, voire même des inédits complets qui ont été rayés de la carte ce jour-là.

    Le pire (2) : des masters sont perdus... mais on ne sait pas encore précisément combien, et lesquels. Là c'est un point que l'article original de Rosen explorait très bien : la totale désinvolture de certaines majors envers la conservation des originaux. Car si l'incendie de 2008 est le plus dévastateur, ce n'est pas exactement le premier désastre en la matière. The Day the Music Burned revient par exemple sur l'incendie de 1978 qui a atomisé les 5000 bandes couvrant l'essentiel des masters, outtakes et inédits enregistrés entre 1949 et 1969 par Aretha Franklin, Ray Charles ou John Coltrane pour Atlantic. Avant notre culture actuelle de réédition, remastering (au sens noble du terme, qui est de traduire avec de moyens modernes l'intention des ingés son de l'époque, non pas de gagner la Loudness War sur la compression), il est effarant de constater combien les archives étaient un poids mort indésirable, à l'époque.

    Jody Rosen, cite par ailleurs un article de Billboard, daté de 1997 (lien Google Books), qui documente les pratiques hallucinantes de certaines compagnies avec les masters de leurs superstars : des prises de Patsy Cline ou Roy Orbison effacées pour réutiliser les bandes, un entrepôt RCA dynamité avec son contenu de masters, lacquers, matrices de vinyles, etc. originaux (les responsables de RCA France et quelques collectionneurs avaient toutefois eu le privilège de récupérer quelques pièces). Un ponte de CBS qui décrète que tous les enregistrements mono doivent partir à la benne (donc non seulement le mixage mono de prises stéréo, mais aussi des originaux qui n'ont jamais existé qu'en mono). Les prises de la Motown archivées en lieu sûr, certes, mais sans système de classement digne de ce nom. Et on en passe...

    D'ailleurs c'est aussi le système de classement qui paraît être très perfectible chez UMG : le bilan des enregistrements est cerné petit-à-petit, et ce qu'on peut dire, c'est qu'il s'alourdit considérablement. le NYT revient sur son article original, on approcherait désormais les 700 artistes "sinistrés", voir la liste actualisée en fin de l'article suivant https://www.nytimes.com/2019/06/25/m...-list-umg.html non exhaustive (!), et qui compile non moins de trois documents préparés en interne par UMG... dès 2009. Le degré de m'en -foutisme d'Univers Sale est ahurissant...

    The recording artists whose names The Times is publishing for the first time today represent an extraordinary cross-section of genres and periods: classic pop balladeers (Rosemary Clooney, Peggy Lee, Pat Boone), jazz greats (Sidney Bechet, Betty Carter, Roland Kirk), show business legends (Groucho Marx, Mae West, Bob Hope), gospel groups (the Dixie Hummingbirds, Five Blind Boys of Alabama, the Soul Stirrers), country icons (the Carter Family, Dolly Parton, Glen Campbell), illustrious songwriters (Hoagy Carmichael, Doc Pomus, Lamont Dozier), doo-wop and rhythm & blues favorites (Johnny Ace, the Moonglows, the Del-Vikings), ’50s and ’60s chart toppers (Ricky Nelson, Petula Clark, Brenda Lee), bluesmen (Slim Harpo, Elmore James, Otis Rush), world-music stars (Miriam Makeba, Hugh Masekela, Milton Nascimento), classic rockers (The Who, Joe Cocker, Three Dog Night), folkies and folk-rockers (Sandy Denny, Crosby & Nash, Buffy Sainte-Marie), singer-songwriters (Phil Ochs, Terry Callier, Joan Armatrading), ’70s best-sellers (Peter Frampton, Olivia Newton-John, Barry Gibb), soul and disco-era stalwarts (the Dramatics, the Pointer Sisters, George Benson), AM rock-radio staples (Styx, Boston, 38 Special), divas and divos (Cher, Tom Jones), British punks and new wavers (The Damned, Joe Jackson, Squeeze), MTV fixtures (Wang Chung, Patti Smyth, Extreme), hip-hop/R&B hitmakers (Bell Biv Devoe, Jodeci, Blackstreet), ’90s rock acts (Primus, Temple of the Dog, the Wallflowers), rappers (Heavy D. & the Boyz, Busta Rhymes, Common), comedians (Rodney Dangerfield, Bill Cosby, Chris Rock), even the Rev. Dr. Martin Luther King Jr., whose album “Remaining Awake Through a Great Revolution,” a recording of a keynote address given at an A.M.E. church convention, was released in 1968 on Excello, a blues label whose masters were stored in the backlot vault.
    Dernière modification par Daviplane, 27 juin 2019, 15h02.
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