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Interview de Synthwalker par Lekanut

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  • Interview de Synthwalker par Lekanut

    Je tiens à repréciser(malgré le titre) que l'interview n'est pas de mon fait, mais de celui de Lekanut qui est indisponible et qui m'a demandé de poster l'interview.
    Rendons à César tsétéra....




    Bonjour Eric, c'est très sympa de te prêter au jeu merci. Ceux qui te suivent depuis longtemps te connaissent souvent pour 2 raisons :


    1-ton passé dans la presse écrite (Aaaaah, tes tests "PlayRecord" qui me reviennent avec nostalgie en mémoire)
    2-et puis, ils savent tous que tu es un collectionneur de machines vintage et diverses, qui dispose d'une vraie caverne d'Ali baba.



    AUDIOKEYS : Pourrais-tu nous retracer ton parcours, ton rapport avec la musique et les instruments et comment tu as réussi à te monter une superbe collection d'instruments ?

    Synthwalker :Je vais avoir 50 ans cette année. J’ai une formation d’organiste commencée à 5 ans.
    J’ai eu mon premier synthé à 15 ans, un JX-3P, posé sur mon orgue Elka Artist-606. Dans la foulée j’entre en internat dans un Lycée de Metz où il y a des sections musicales, je m’y fais beaucoup d’amis musicos au conservatoire, on tape le bœuf le soir, on bosse chaque année
    50 titres pour la fête du bahut qui est un événement, avec plusieurs représentations et un concert. Mes parents m’offrent un DX7 pour mon BAC. Je continue au Lycée en classes prépa où je passe plus de temps à faire de la musique que des maths…

    J’intègre une école d’ingés à Paris, la musique électronique prend de plus en plus de place. Je fais les illustrations sonores pour les campagnes BDE et les associations de l’école, ma chambre d’étudiant se transforme vite en mini-studio fait avec trois bouts de ficelle, les stages d’été me paient quelques synthés en plus (achetés neufs au prix fort) : E-mu, Ensoniq, Korg, un Atari 1040 STE avec Cubase… le matériel me passionne, pour les aspects sonores, historiques et techniques. Par mes lectures de la presse spécialisée, je tente d’en savoir un maximum sur le matos…



    AK : Qu’est-ce qui t'a amené aussi à officier dans la presse écrite pour en arriver sur Audiofanzine à être notre référence pour les tests hardware (à tel point que chacun des synthés qui passionne nos communautés déclenche l'impatience de tous ceux qui attendent que tu le décortique) ?

    SW :Il y a 20 ans, je lis PlayRecord, un magazine orienté synthèse et audio pro, un peu élitiste par rapport à Keyboards. Dans la rubrique des PA, la rédaction recherche des pigistes, sans autre précision. Je postule pour les tests synthés. Le Rédac ’chef, Felix Marciano, me demande de rédiger un test sur un de mes synthés au choix : je choisis le Korg Trinity. Je suis recruté pour remplacer ni plus ni moins que Benoit Widemann (Magma), souhaitant se recentrer sur d’autres projets. Je suis élevé à la rigueur rédactionnelle et à la précision technique, entre Félix qui dirige la rédaction d’autres titres de presse technique et grand public, et Benoit, un vrai intégriste de la synthèse. On devient vite amis !

    J’enchaîne les tests, puis quand PlayRecord disparait, je travaille sur d’autres projets de magazines comme: Musicien, Music Sound, Recording. Avec une équipe rédactionnelle montée autour de Jean-Stéphane Guitton (Sleepless sur Audiofanzine), nous parvenons à redresser les ventes de Recording, ce qui conduit plus tard à l’absorption de Keyboards, mal en point. Je ne reste pas très longtemps sur KR, la formule fusionnée ne donnant plus beaucoup de place aux tests (3 ou 4 pages pour un grand format !). Philippe Raynaud, le boss d’Audiofanzine, me propose une nouvelle fois une coopération : cette fois, c’est la bonne ! Nous venons de publier mon 250ème test…




    AK : Peux-tu nous parler de ta collection de synthés ?

    SW :Pour la collection de synthés, j’ai la chance de pouvoir tester à peu près tout ce qui sort comme synthé ou BAR depuis 20 ans. Du coup, je deviens sélectif. Il y a 14 ans, je fais le test du Moog Voyager ; je vais chez Benoit Widemann pour le comparer avec son Minimoog D ; convaincu, je finis par acheter le Voyager, la première série limitée signée par Bob Moog. Je mets alors la main dans l’engrenage analogique. Après l’Andromeda, je passe au vintage et là c’est la grosse claque. Plus je teste de matos contemporain, plus je suis attiré par le vintage. Avec l’avènement des réseaux sociaux, je participe à différentes communautés. Je me rends aussi compte que c’est le parcours (recherche, rencontres, restauration) plus que la finalité de posséder une bécane, qui me motive. C’est aussi un moyen de compléter des connaissances encyclopédiques par une expérience réelle, d’où des choix de machines assez variées sur le plan de la technologie et de la synthèse (analogique soustractive, paraphonique, hybride, FM, additive, à tables d’ondes, à modélisation… mais toujours avec des mémoires sauf pour les vieilles String machines). C’est enfin la constitution d’éléments de benchmark pour mes tests, permettant d’objectiver au mieux mes avis sur le son, l’expérience de programmation, le plaisir de jouer… Là aussi, c’est l’idée de partage avec les membres de la communauté qui m’intéresse. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons commencé à publier sur Audiofanzine une série de tests à partir de mes machines vintage, pour que chacun puisse se faire une idée.




    AK : Quel est le meilleur cheminement pour se faire une belle collection d'instruments vintage ? Y a-t-il des trucs à savoir, à faire…un peu de chance sans doute ?

    SW : Il faut du réseau, parce que la plupart des transactions se font hors média. Au début, ça revient cher parce qu’on va sur EBay ou chez les vendeurs pro comme RL Music. Ensuite le réseau s’étoffe, on connait les revendeurs qui achètent des machines en mauvais état et les revendent ensuite (plus ou moins bien retapées). Au début, on peut se faire avoir, il y a des types sans scrupules et aussi des gens bien qui finissent par mal tourner, parce que leur activité de base ne paie pas assez et qu’ils doivent bouffer… beaucoup m’ont déçu, même de très connus. Et là encore, la règle est d’avoir du réseau pour avoir des informations, recouper les avis, etc. Mais avant toute chose, sur ce type de marché de l’occasion, vintage ou pas, il faut tester la machine en vrai quand on ne connait pas le vendeur ou utiliser un tiers de confiance pour le paiement. Personnellement, je me déplace à chaque fois pour des bécanes de valeur, je connais trop de mauvaises surprises et j’en ai vécu moi-même, y compris sur place, avec le type en face de moi bien d’aplomb qui me sort des grosses conneries !




    AK : Crois-tu qu'il soit encore possible en partant de rien aujourd'hui de se constituer une telle collection d'instruments de légende si on considère la rareté et puis le prix que cela atteint de nos jours ? Est-ce plus dur qu'avant ?

    SW : C’est devenu très dur. Je n’accepterais pas de payer au prix actuel la plupart de mes synthés. Mais c’est pareil pour l’immobilier. Je serais incapable de racheter la maison que j’avais faite construire il y a 15 ans et revendue il y a 10 ans. Avec les prix astronomiques d’aujourd’hui, les plus belles pièces partent chez des gens très fortunés, pas des musiciens pro, mais des chefs d’entreprise, des professions libérales ou des héritiers. Je connais des personnes qui ont claqué 50.000 boules en matos depuis le début de l’année : ARP, EMS, Moog modulaires, Roland modulaires, CS80, Schmidt Eight Voice… pour ma part, j’ai énormément ralenti sur les synthés, je suis un peu plus orienté sur les périphériques. Et j’ai d’autres priorités, études des enfants notamment…

  • #2
    AK : Quels sont tes plus beaux coups ?

    SW :Je ne peux pas parler de beau coup car je n’ai pas une optique de plus-value à terme, je garde ce que j’achète pour m’en servir. Sur le moment, on trouve toujours trop chère la machine qu’on achète.



    AK : As-tu des anecdotes croustillantes?

    SW : J’ai quelques souvenirs drôles : pour mon JP-8 acheté il y a 12 ans, je fais 600 bornes en voiture (Paris-Bordeaux) et quand j’arrive, le gars médusé me dit qu’il ne marche pas, alors qu’il sort de révision. J’appelle JL Dierstein et il me dit que tout se répare sur un JP-8 ; du coup je l’achète quand-même, le gars, sympa et honnête, s’étant engagé à payer la réparation. En arrivant chez JLD, on ouvre le synthé et on se rend compte qu’un connecteur a été mal remonté. On le remet en place et on s’en tire avec 3 VCA BA662 à changer, qui ont dû claquer suite à la fantastique maintenance précédente… Une autre :
    450 bornes (Paris-Vannes) pour aller chercher un Synthex, vendu comme nickel, studio non- fumeur. J’arrive, le Synthex est complètement désaccordé et pue la clope à 10 km. Le gars me dit avec aplomb qu’un Synthex se joue avec synchro des DCO, donc ce n’est pas grave s’ils ne sont pas accordés… je négocie tout de même et je ferai régler plus tard les ajustables des oscillateurs maîtres… Une autre ? Allez, une petite frappe d’Angers me vend son OB-1 comme neuf ; quand il me le livre chez un pote, il a oublié le transfo 110-220V, donc on est coincés… je le prends quand-même sans pouvoir l’allumer. Quand on l’ouvre pour le passer en 230V, on se rend compte que la pile est morte, le fusible est collé par la rouille dans sa boite, un composant en sortie d’alim est pété… bref l’OB-1 qui marchait nickel n’avait pas dû servir depuis des années… Encore une autre : j’achète un Exagone à un gars de Valence qui l’avait « transformé ». Niveau fonctionnement, nickel, sauf le poussoir de protection mémoire qu’il avait recollé à la super glue ; du coup, le bouton coincé en position mémoire protégée. Souhaitant refaire une vraie ébénisterie, je l’amène à des potes et quand ils l’ouvrent, on découvre toute une faune à l’intérieur, des substances douteuses (j’en ai fait un test + reportage sur AF). Mais j’ai quand-même de bonnes expériences, la plupart du temps, heureusement ! Des gars super sympas qui te proposent le gite et le couvert, comme les fondateurs d’Anafrog, Pascal Girod et Sylvain Ehinger, quand je suis allé en Suisse pour acheter un Prophet-5 Rev2 il y a 10 ans. Là on se fait des potes…



    AK : Comment fais-tu pour les entretenir ? Tu as un réseau de camarades compétents, ou tu as toi-même la compétence ?

    SW : Déjà, c’est parce qu’un fer à souder est brûlant d’un côté que je sais par quel bout le tenir. C’est un handicap quand tu t’entoures de vieux synthés. Au début, tu vas chez les réparateurs connus sur la place, ce qui peut finir par te coûter cher si tu n’as pas de liens particuliers. Là aussi, l’alternative passe par l’entraide et le réseau. Je rends des services sans contrepartie et je reçois de l’aide en retour, comme dans la vie de tous les jours. Ces personnes capables de sauver nos vieux coucous sont essentielles, il faut les bichonner, les respecter et ne pas en profiter comme un goinfre. Beaucoup sont des bénévoles, passionnés, il faut les soutenir, chacun a des besoins à satisfaire, je m’intéresse aux individus et je les traite en amis. Sans eux, à part devenir un génie du fer à souder, c’est mort. Et puis comme ces gens sont loin de moi, une mauvaise panne se transforme en bonne occasion de boire un coup ou manger un morceau. Cela n’empêche que j’essaie de poser le diagnostic d’une panne et les possibilités d’investigation en passant du temps sur les schémas électroniques (il faut donc trouver les manuels de service de ses bécanes). Ensuite, sourcer les composants rares et s’en faire un petit stock. J’ai ainsi en réserve 15 à
    50% de chaque circuit intégré rare SSM, CEM, IR utilisés dans mes vieux polyphoniques…




    AK : Sont-elles toutes vraiment réparables ou certaines deviennent trop difficiles à réparer ?

    SW :Leur rareté fait que leur valeur s’envole, parfois plus vite que celle du synthé en lui-même, d’où le pillage de machines en panne par des vendeurs peu scrupuleux qui les désossent pour s’enrichir… Certaines machines deviennent très difficiles à réparer, par exemple les CS80 et leurs fameux CI blancs qui pilotent les voix, quasi introuvables à moins de sacrifier un petit CS pour en sauver un gros… Ou alors faire fonctionner durablement un PolyKobol II…



    AK : D’après toi, la communauté française des fans d’analo est-elle conséquente, ou penses-tu que l'analo vit plus dans d'autres pays que chez nous (pour des histoires de culture ou je ne sais quoi d'autre) ?

    SW :vJe pense que c’est lié à la taille du marché de base. Aux Etats-Unis, en Angleterre ou en Allemagne, j’imagine qu’il y a plus de passionnés, parce que la facture instrumentale vient de là. Il me semble qu’au Japon, le marché analo vintage est également important, mais pour des raisons de place (taille de l’habitat liée à la concentration de la population), il y a de moins en moins de claviers. Je connais certaines personnes qui achetaient des synthés au Japon et les faisaient revenir en France en se faisant une bonne marge dessus.



    AK : Les fans de machines analogique sont-ils issus de certaines générations particulières (je pense aux quinquas/quadras qui ont gamins rêvés devant les légendes) ?

    SW :Il y a certainement différentes générations qui ont chacune leur motivation, je croise des fans d’analo de tout âge, mais avec des attentes différentes, certains pour recréer le son de leur adolescence, d’autres pour faire du neuf… le rêve de jeunesse des quadra/quinqua en fait bien entendu partie !



    AK : As-tu déjà été consulté au sujet de tes machines ? Les as-tu déjà prêtées sur des projets, ou louées par exemple ?

    SW :Oui, je suis assez sollicité, en particulier pour des prises spécifiques sur des titres ou des banques de samples.



    AK : Comment prends-tu ton plaisir avec tes machines ? Tu t’enfermes des heures dans ta pièce a musique en solitaire ou tu fais venir les potes et tu prends une caisse d’Orval (une bien bonne bière belge !) puis vous vous enfermez à double tour pendant 1 mois ?

    SW :Alors là il n’y a pas de règle, il m’arrive de passer beaucoup de temps sur une machine ou de butiner nonchalamment comme une abeille dans un jardin fleuri en les allumant toutes… seul ou avec des potes musiciens, les mains vides ou avec un Orval (pas une caisse), en effet ! Pendant les périodes de test, c’est plus studieux et méthodique…



    AK : N’as-tu jamais eu l’idée de proposer tes services pour faire du Sound design, voire même faire de la formation pourquoi pas ?

    SW :Si, d’ailleurs il y a toujours des projets sur le feu. On doit faire un album Electro un peu spécial avec mon pote Marboss, il y a aussi un projet impliquant des machines vintage qu’on finira bien par commencer avec mon pote Pierre Estève (!)





    AK : Parlons un peu de la presse écrite, toi qui a commencé tes articles dans les magazines spécialisés comment tu vois aujourd'hui sa situation actuelle ?

    SW :En matière d’instruments de musique électroniques et de MAO, je pense que la presse écrite française est en fin de cycle de vie. Il y a 10 ans, avant que je vienne sur AF, on sentait déjà la fin arriver, après des années de baisse chronique. Je ne vais pas donner de chiffres de ventes, mais disons que cela a été divisé par 4 ou 5 en quelques années, au point que le modèle économique ne tourne plus. Pas assez d’abonnés, pas assez de ventes, les recettes se faisaient principalement avec les annonceurs, en majorité des fabricants et distributeurs d’instruments et produits MAO. Et moins il y a de ventes, moins il y a d’annonceurs. La période de concentration des magazines n’a pas suffi à enrayer ce phénomène, puisqu’on constate que la pagination a continué à chuter, tout comme les ventes. Du coup, lorsqu’un magazine vit en très large majorité de ses recettes publicitaires bien spécialisées, cela pose un problème d’indépendance rédactionnelle.
    Dernière modification par Foreverchild, 18 mars 2017, 07h32.

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    • #3
      AK : Considères-tu que les sites et forums spécialisés, les réseaux sociaux ont pris le dessus ?

      SW :Ce n’est pas le cas d’Audiofanzine, puisque la publicité est bien plus large que l’univers musical et qu’elle n’a pas de frontière : à chacun donc d’être le meilleur. De plus, les recettes sont liées aux clics des membres, eux-mêmes liés aux pages visitées, elles-mêmes liées à la qualité du contenu. L’internet a pris le dessus, il est multimédia, il est immédiat, à défaut d’être toujours dans la vérité. Les gens préfèrent une information rapide à une information qualitative. Les forums jouent le rôle de caisse de résonance, amplifiant les avis, déformant la réalité, affirmant de nouvelles vérités. C’est le revers de la médaille, tout le monde peut dire quelque chose, avec autant de poids quelle que soit la qualité de l’argumentation ou l’expérience. Quand je vois sur quel système audio certaines personnes écoutent, je me demande comment elles peuvent affirmer autant de choses sur la qualité sonore ou le grain d’un synthé… Il faut donc avoir cela en tête et conserver un esprit critique (pas la critique facile, systématique et superficielle, mais celle que permet un véritable recul à travers une longue expérience), plutôt que tomber dans l’égo-grégarité qui se généralise.

      AK : Te manque-t-il quelquefois de ne plus faire d'articles dans la presse écrite spécialisée. La manière de travailler était-elle si différente de celle avec laquelle tu travailles sur AF ?

      SW :Cela ne me manque pas du tout, car dans les derniers articles que j’ai écrits dans la presse, je devais me battre avec la rédaction pour avoir plus de pagination. Je pestais sur les gros plans limités à trois ou quatre pages, et la plupart du temps, on me demandait de tomber à deux. Sur AF, j’ai une liberté totale de format ; je suis simplement contraint de respecter l’éthique maison et comme j’y adhère à cent pour cent, cela me va très bien. Cela concerne l’indépendance d’esprit et le respect des autres. Personne ne nous dicte ce qu’on doit écrire,


      directement ou indirectement ; réciproquement, nous avons d’excellents rapports avec les marques et les importateurs, ce qui nous garantit une mise à disposition des nouveautés parfois bien avant leur sortie, des réponses rapides à nos questions lors des tests, la prise en compte de nos demandes d’améliorations produits, des échanges directs avec les concepteurs, même les plus célèbres, comme Dave Smith ou John Bowen.



      AK : Qu'est ce qui fait un bon test matos pour toi ?

      SW :Je pense que c’est lié au profond respect que j’ai pour les personnes et à la méthode que je me suis forgée. Complètement autodidacte en matière de rédaction ou de tests, j’ai été formé à la dure école Marciano (pour le rédactionnel) / Widemann (pour les aspects techniques synthé). Ça marque un homme ! Cela veut dire beaucoup de travail pour comprendre le produit, imaginer ce que les concepteurs ont souhaité, à qui ils ont voulu s’adresser, comment cela a été construit, comment l’utilisateur va pouvoir s’en sortir et bien évidemment comment ça sonne.



      AK : Quels sont les éléments essentiels et la part d'objectivité/subjectivité ?

      SW :Je pars du principe où un synthé est bon et performant, c’est le verre à moitié plein ; les défauts que je pointe sont là pour attirer l’attention d’un débutant ou d’une personne pressée, ou encore de quelqu’un qui n’a pas la possibilité de tester la machine.



      AK : Qu'est ce qui fait selon toi ta patte et ton identité ?

      SW :J’ai un goût profond pour l’honnêteté et la justice (ça fait un peu interview pour Miss France…), donc je m’efforce de garder ce cap dans mes tests. En plus, je n’achète pas le matos que je teste la plupart du temps, sauf énorme coup de cœur comme le Solaris, le Kronos 2 ou l’Analog Rytm. Donc je suis à la fois libre par Audiofanzine et neutre par mon détachement par rapport au produit ; c’est d’autant plus simple pour être honnête. Bienveillant ne veut pas dire objectif (nous sommes humains, avec nos humeurs, notre éducation, nos goûts...), encore moins Bisounours (quand cela ne me plait pas, je le dis). Donc très imparfait !



      AK : J’ai l’impression que des tests aussi fouillés que les tiens ne sont pas légion finalement sur le net international (peut-être chez les users), qu’en penses-tu ?

      SW :Pas de champion, car il n’y a pas de compétition. Comme je l’ai dit, c’est une question d’éducation et de philosophie ; quand je passe à travers un truc et qu’un membre du forum me le fait remarquer, d’abord je m’en veux d’être passé à côté, ensuite on fait tout de suite la modification en ligne. Plus par respect d’autrui que par perfectionnisme. A l’international, et en particulier aux US ou en UK, la culture est plutôt de vendre (au sens de convaincre, pas forcément au sens mercantile) plutôt que de présenter le produit de façon neutre. J’ai été formé à la neutralité, aux constats, ce qui peut paraitre parfois un peu froid, mais témoigne juste de cette volonté de respecter les lecteurs. Les anglo-saxons décrivent souvent leur expérience, leur vécu et leurs émotions avec le synthé (« quand j’étais en session avec le Bidule 500, j’ai adoré… », « Amazing ! »). En France, c’est différent, certains tests dans la presse me font l’impression de vente à l’étal (« Avec le Machin 421, vous pouvez faire ceci… », « Apprenez que… »).




      AK : T'es un peu notre champion non ?

      SW :J’ai été élevé au « nous », qui est plus neutre et plus modeste que le « je », moins marketing et putassier que le « vous ». Ce n’est pas une position hautaine, juste une recherche de neutralité…




      AK : On l'a vu récemment avec ton test du DeepMind il y a parfois des réactions clivantes, es-tu surpris de certains retours épidermiques sur tes tests, ou penses-tu que c'est le prix à payer d'affronter les ressentis opposés, (le prix de la passion en quelque sorte) ?
      Certaines réactions t'affectent-t-elles quelque fois ?

      SW :Oui, certaines réactions me surprennent, car j’accorde du sens aux mots, et les mots employés ne sont peut-être pas le reflet de ce que la personne voulait exprimer. Ils peuvent être irrespectueux de la personne humaine. C’est tout le problème des forums, les gens réagissent au quart de tour, mais cela reste écrit. J’ai du mal avec des expressions comme
      « c’est l’arnaque », « tous des vendus », « ils se foutent de nous », « le son est pourri ». D’autant que la plupart des critiques sont faites par des personnes qui de toute façon n’achèteront pas le produit et se soulagent comme cela ; ah la psychologie humaine… Cela peut me blesser, car je fais le boulot pour éclairer les autres autant que possible, partager mes ressentis, avec tous les défauts que cela comporte, rien de plus…



      AK : T'est-il déjà arrivé quelques temps après d'avoir un sentiment (ou une perception qualitative pourquoi pas) diffèrent de celui que tu avais dégagé dans un test ou cela n'évolue-t-il jamais ?

      SW :Mon sentiment peut évoluer, rarement pour la machine intrinsèquement, mais parce que la technologie évolue, de nouveaux produits plus puissants sortent ; surtout dans les synthés en ce moment, le choix est pléthorique. Quand je teste, c’est dans un certain contexte. L’évaluation finale est faite dans ce contexte, à une certaine époque. C’est pour cela que quand certains me reprochent aujourd’hui une note qui date de plus de deux ans par rapport à une nouvelle machine qui est moins bien notée, j’ai envie de rire... Une exception me vient à l’esprit, j’ai pu paraître sévère pour le Prophet-12 qui depuis le test a beaucoup progressé et mériterait une meilleure appréciation, mais on ne peut pas refaire l’histoire, c’est comme pour les mises à jour d’OS et les nouvelles fonctionnalités. C’est pour cela par exemple que nous avons testé une seconde fois l’Analog Rytm : après l’Overbridge, Elektron avait intégré un tas de nouveaux moteurs de synthèse ; au final, j’ai acheté l’exemplaire de test !



      AK : Y a-t-il des marques qui ne jouent pas le jeu avec toi et qui ne te laissent pas tester leur matériel comme tu le voudrais ?

      SW :C’est un peu plus compliqué que cela. Quand on ne teste pas une machine, c’est souvent parce que la marque est mal distribuée en France, ou que l’importateur français est à la ramasse. Pour pas mal de synthés analogiques, nous devons passer par un magasin étranger qui nous prête la machine. Il la revend ensuite en stock B en perdant de la valeur, alors que ce n’est pas son rôle. C’est l’importateur qui ne fait pas son boulot, soit en ne stockant rien en dehors d’un modèle showroom, soit en ne faisant aucun effort de communication pour son produit. Il faut parfois se prendre la tête pour avoir un produit, tellement la France est un petit marché pour certaines marques. Avec d’autres marques, on n’a pas de produit parce qu’elles s’en foutent du marché français, elles n’ont pas besoin de cela pour vivre ; du coup, elles soignent les journalistes locaux (US, UK, DE). Enfin c’est vrai, certaines marques font la sourde oreille ou trainent parce qu’un test chez nous révèlerait certains aspects peu flatteurs pour le produit, dont personne ne parle ailleurs… mais c’est très rare





      AK : Comment vois-tu le marché des analos aujourd'hui qui revient sur le devant de la scène depuis quelques années (en termes de production et de ventes peut-être) ?
      Comment vois-tu cela ?

      SW :Le marché des synthés analogiques, si on en croit les grosses marques, reste un marché de niche. A part DSI, Moog et maintenant Arturia, peu de marques peuvent se targuer de grosses ventes. Korg est un peu à part, la marque a une forte tradition dans le synthé, de tout temps, c’est normal qu’elle propose une large gamme de produits, du petit module analogique à la grosse Workstation numérique. Après il y a un développement considérable du DIY, mais on reste souvent sur des machines modulaires et artisanales (ce qui n’est pas un jugement de valeur), encore une fois une niche de marché. Je mets de côté The River de l’ami Baloran qui va à contre-courant, si je puis dire ! La réalité, c’est qu’il se vend énormément plus de synthés numériques que de synthés analogiques.

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      • #4
        AK : J’ai l'impression que dernièrement avec la réédition du Minimoog, de l’ARP chez Korg ou le Prophet 6 pas loin du Prophet 5 on a franchi un palier du rêve qui fait la jonction avec les glorieux ancêtres qu'on prend toujours en référence.
        (Comme si on pouvait se remettre à croire que les machines originales pouvaient enfin réapparaitre telle quelles).


        SW :Je ne crois pas aux rééditions des gros polyphoniques à l’identique, parce que la technologie a bien évolué en trente ans ; c’est fini les lignes d’assemblage où des petites mains soudent des milliers de composants traversant pour faire un Prophet-5 ou un OB-X. Sur les derniers DSI, on arrive à faire des cartes voix analogiques en composants discrets mais montés en surface, avec une production automatisée, donc la maitrise des coûts et de la qualité (parce qu’avec les composants traversant soudés à la main, bonjour les erreurs de câblage !). A part le Schmidt Eight Voice et ses 20 K€, je ne connais pas de gros polyphonique contemporain en traversants ; l’autre point, ce sont les circuits intégrés. Les poly vintage en sont truffés et je n’imagine pas une fonderie reprendre la fabrication de tous les CEM et SSM disparus. Le CEM3340 est peut-être une exception ! Seul DSI a développé un circuit intégré spécifique avec Doug Curtis, avant que celui-ci ne meurt, qu’il décline depuis l’Evolver de
        2002 jusqu’au Rev2 présenté au NAMM 2017. Il a pourtant sorti des machines récentes sans ce CI, telles que le Pro 2, le Prophet-6 ou l’OB-6.



        AK : Ca va être difficile d’assister encore au retour d'autres légendes alors ?

        SW :Le souci est que les pionniers sont aujourd’hui âgés ou décédés : Bob Moog, Don Buchla nous ont quittés ; Alan R. Pearlman a plus de 90 ans ; Tom Oberheim, Roger Linn, Wolfgang Palm, Chris Huggett, Mario Maggi sont un peu en retrait. On connait assez peu les japonais pionniers chez Yamaha, Korg ou Roland, mais Korg est le plus orienté vers les rééditions (en plus des nouveautés) analogiques. John Bowen est sur une niche de marché. Les retours de Peter Vogel ou Dave Rossum restent anecdotiques. Dave Smith est un peu le seul acteur originel à porter toujours le flambeau, avec le beau succès qu’on lui doit. Quant à Moog, oui, ils cultivent LA Légende depuis le début, ce n’est donc pas étonnant qu’ils finissent par rééditer une légende…


        AK : Est-il viable selon toi d'acheter à prix fort un Minimoog d'époque aujourd'hui alors que sa réédition fait qu'on peut l'acheter tout neuf ?

        SW :Cela dépend ce qu’on entend par viabilité, si on penche pour la valeur d’estime ou la valeur d’usage. Dans le premier cas, on met 5000 € dans un Model D vintage ; dans le second, on prend la réédition… Au niveau ergonomie et son, ceux qui les ont comparés pensent que c’est hyper proche, que l’on est dans la tolérance des composants, comme entre deux vieux Minimoog. Nous n’avons pas prévu de tester le nouveau Model D, parce qu’il faudrait passer par un certain magasin pour un prêt



        AK : Les synthés analos fascinent-ils plus que les synthés numériques, ou c'est juste qu'ils fascinent toujours autant mais revivent surtout plus par leur tarif plus mesuré qu’il y a 30 ans ?

        SW :Je pense qu’il y a deux mouvements qui s’entretiennent mutuellement : la rareté du vintage qui fait exploser la cote, donc les fantasmes des musiciens, et la démocratisation liée à la miniaturisation qui rend les synthés analogiques neufs très accessibles. Du coup on se paie une part de rêve inaccessible en adulant l’étiquette analogique sur les machines modernes ; ce n’est pas toujours une bonne approche à mon sens, parce qu’il y a des synthés numériques qui sonnent plus analogique vintage que des synthés analogiques contemporains, c’est un fait ! Donc il faut acheter un synthé analogique moderne d’abord pour ses qualités sonores ou ergonomiques intrinsèques, pas parce qu’il utilise une technologie analogique.



        AK : Comment expliques-tu que ces fameuses machines analo qui restent comme tu dis un marché de niche déchaînent autant les passions dans les forums avec de nombreux messages dans des long sujets, alors que des claviers qui se vendent plus en volume (comme les pianos portables et de scène toutes gammes, les arrangeurs populaires en terme de vente…etc.) donnent lieu à moins d’échanges il me semble ?

        SW :Le fantasme doit y être pour beaucoup et comme nous en avons parlé, il y a peut-être aussi une histoire sous-jacente de générations… avec de vieux grincheux bien campés sur leurs positions et des jeunes qui se font un plaisir de les bouger un peu !



        AK : Que penses-tu de l'évolution des synthés à modélisation analogique d'un point de vue technique cette fois ci (composants, manufacture, technologique avec les hybrides) ?

        SW :Je pense que Roland a fait un grand pas en avant. Au milieu des années 90, les premiers VA étaient assez neutres niveau sonore, même s’ils s’inspiraient de légendes. Ils étaient séduisants parce que simples, fiables, faciles à transporter, au regard des Workstations et Samplers qui dominaient le marché de l’époque. De plus, ils apportaient une bonne qualité sonore. Ceci dit, d’un point de vue puissance de synthèse, ils n’inventaient rien à côté des Kurzweil ou E-mu. La puissance des DSP et le revival analogique aidant, ils se sont musclés en polyphonie et multitimbralité. Aujourd’hui, on pourrait penser qu’on a fait un pas en arrière : moins de polyphonie ou de multitimbralité. On oublie les limites sonores des premiers VA : l’aliasing quand on module les sources audio, l’agressivité dans les aigus, le manque de chaleur, la trop grande stabilité des modèles, les effets de pas. On doit aussi prendre en compte la qualité sonore des softs et leur intégration parfaite dans la chaine de production audio. Du coup, les fabricants se retrouvent coincés entre un prix plafond à ne pas dépasser et une qualité plancher à surpasser. Résultat, des machines souvent monotimbrales, à polyphonie réduite, mais avec une qualité de modélisation exceptionnelle.


        Les synthés de la série Boutique de chez Roland en sont le parfait exemple. Jamais une modélisation analogique n’a sonné aussi bien, reproduisant avec minutie toutes les imperfections des synthés vintage émulés, pas seulement au niveau des fluctuations des oscillateurs, mais de tous les composants, tenant compte de leur comportement propre (genre déclenchement des enveloppes), leurs interactions. Le dernier System-8 comprend même un paramètre simulant le vieillissement des composants d’un Jupiter-8 ou juno-106 ! Donc la tendance actuelle, c’est la priorité à la qualité sonore plutôt que la quantité…



        AK : Du coup, la démarche de Roland qui a défini une stratégie différente (ne pas céder à l'analogique pur mais pousser sa modélisation ACB gourmande en ressources, ce qui fait débat chez les puristes) serait-elle viable finalement ?

        SW :Je m’en suis un peu expliqué précédemment. Certaines marques ne possèdent plus les briques technologiques du passé : les concepteurs originels sont retraités ou morts, ils n’ont pas formé de successeurs (qui aurait formé les futurs développeurs d’écrans cathodiques ou d’appareil photo argentiques du futur, au moment où les produits de substitution que nous connaissons tous sont arrivés sur le marché et ont coulé des multinationales qui dominaient le monde ?). De plus, les moyens de production n’existent plus et nécessiteraient tellement d’heures de travail humain qu’ils seraient incompatibles avec la solvabilité des acheteurs ! Je comprends donc parfaitement le choix de Roland, qui a une approche de volume et non de niche de marché. Encore une fois, seuls DSI, Moog et Arturia se différencient du monde de l’artisanat pour ce qui est des synthés analogiques. Les grands constructeurs sont davantage sur le développement de technologies numériques permettant de retrouver le son analogique vintage le plus réaliste possible.



        AK : Et Yamaha ? Le numéro 1 mondial des instruments de musique est étonnamment absent sur le marché analo, et même (à part le Reface CS) du marché de la modélisation analo. Pourtant ils sont présents sur tous les segments d’instruments de musique en général. Quel est ton point de vue là-dessus ?

        SW :Je n’ai pas à juger de la position ou des choix stratégiques de telle ou telle marque. J’imagine que Yamaha ne veut pas regarder le passé et préfère aller de l’avant en innovant. Cela nous a valu la FM et la modélisation physique, donc c’est une bonne chose… Quant au Reface CS, ils ont réussi à faire un synthé qui sonne vraiment bien avec très peu de paramètres accessibles ! Ils ont quand-même réécrit tout le moteur de synthèse, ce n’est pas juste le code des synthés / cartes AN en l’état dans un DSP.



        AK : As-tu senti au travers de tes tests une évolution qualitative suffisamment grande depuis des années, ou d'autres sensations particulières qui te sont propres ?

        SW :La tendance est à l’abaissement des prix de vente, donc on voit des machines plus abordables mais construites plus légèrement, ou intégrant des briques technologiques développées sur des modèles précédents (innovation incrémentale plutôt que rupture technologique). De même, on n’accepte plus aussi facilement de porter un âne mort de 88 touches, des segments de marché d’utilisateurs non claviéristes se sont développés, d’où une appétence pour les modèles réduits à mini-claviers et mini-touches, qui font bondir les puristes…



        AK : Crois-tu que des beaux synthés comme le MatrixBrute ou les DSI (Prophet 6 et OB6) mettent des coups aux gammes de synthés à modélisation analo ou cela reste finalement 2 catégories différentes ?

        SW :Ce sont pour moi des gammes ou segments de marché différents. Certes on ne peut pas tout posséder et on fait des choix, mais je crois que les moteurs d’achats sont trop différents dans chaque segment pour pouvoir parler de concurrence frontale.



        AK : Que penses-tu des ténors de la modélisation analo soft (on pense par exemple souvent à DIVA de U-HE) ?

        SW :J’ai une très faible expérience d’utilisation quotidienne des softs, mais je crois que Diva fait partie de ce qui se fait de mieux en la matière… en tout cas il fait l’unanimité chez mes potes plus ouverts que moi aux softs. Il y a aussi l’OP-X (modélisation de l’OB-X Oberheim) qui m’a frappé par son réalisme.


        AK : Les gros numériques, les Groovebox fascinaient dans les 90, puis l'avènement de la mao, le retour à des machines de performance simples et directes (analo ou pas) les a peut-être rendues moins fascinantes non ? Qu'en penses-tu ?

        SW :Il n’y a plus assez de place pour tous les constructeurs de Workstations ou Groovebox des années 90. Seuls les plus solides sont restés. La MAO permet quand-même de mieux visualiser ce qu’on fait de A à Z, surtout pour la partie séquence et audio. Du coup, les constructeurs se sont réorientés vers des machines plus simples et plus efficaces. De plus, l’effondrement du marché du disque a changé le paradigme de la chaine de production musicale : les musiciens et ingés-son trinquent et n’ont plus les moyens. La scène est donc la bouée de sauvetage vers laquelle les hommes et les machines se sont tournés. La fascination a laissé la place au réalisme économique : il faut d’abord vendre ! Ceci dit, on assiste actuellement au retour d’Akai sur le marché des Groovebox autonomes, après l’arrivée récente de Pioneer.



        AK : On a le Kronos et le Montage, Roland semble abandonner la Workstation haut de gamme...puis des bons produits qui sonnent à prix serré (Roland FA, Krome, MOXF) mais moins bien finis et au toucher moins qualitatifs.
        Est-ce que les entrées de gamme du passé étaient mieux finies même si moins puissantes ?

        SW :J’ai en effet un souvenir de machines du passé en entrée de gamme mieux finies que celles d’aujourd’hui, mais bien moins puissantes que leurs congénères haut de gamme. Aujourd’hui, on trouve en entrée de gamme le moteur précédemment monté en haut de gamme, mais la coque, l’alimentation, les convertisseurs de sortie et les claviers ont pris une bonne claque en matière de qualité.




        AK : Pourrait-on en arriver au point ou les fabricants abandonneraient la Workstation haut de gamme pour la laisser sur des produits moyenne gamme et ne faire que des gros synthés de performance type Montage ou Jupiter 80 ?

        SW :C’est une leçon de réalisme, même si elle n’est pas toujours comprise par tous. On sait bien depuis 20 ans avec Cubase que le séquençage Midi et l’audio se traitent plus facilement sur un PC que sur une Workstation, aussi puissante soit-elle. L’écart n’a pas diminué. Donc au moment où les constructeurs doivent faire des arbitrages, ce positionnement-produit est tout à fait logique. Maintenant, on peut penser que Korg, leader un peu seul sur ce marché, continue à développer les grosses Workstations, compte tenu de son avance technologique depuis l’Oasys, puis l’intégration du streaming audio pour les samples sur un synthé matériel tel que le Kronos.
        Dernière modification par lekanut, 18 mars 2017, 16h48.

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        • #5
          AK : Que penses-tu des projets à échelle plus réduite comme le Solaris ou autres ? Penses-tu que cela sera et restera toujours viable en se projetant dans le futur ?

          SW :Difficile de répondre, car c’est souvent l’affaire d’un seul homme, qui compte rester à une échelle artisanale. On a déjà parlé de John Bowen (qui était aux côtés de Dave Smith derrière des machines aussi innovantes que le Prophet-5, le Prophet-VS ou le Prophet-3000), mais aussi de mon pote Laurent Lecatelier (Baloran), qui après avoir développé un triple chorus analogique à mémoires totalement automatisable (The Triko), s’est lancé dans un synthé analogique polyphonique multitimbral à mémoires (The River). On comprend la difficulté de passer du prototype à l’industrialisation, puis développer un réseau commercial solide. On en reste souvent à des pratiques artisanales, parce que la levée de fonds n’est pas dans leur ADN et qu’il n’y a pas beaucoup de business angels qui viennent spontanément frapper à la porte de nos génies ! En plus, ce sont souvent des têtes de cochon qui aiment bien rester dans leur univers et ont du mal à s’ouvrir au business En fait, ce n’est pas leur moteur, ils veulent juste pouvoir vivre de leur passion et non devenir chef d’entreprise.



          AK : Face aux possibilités stratosphériques d'un Kronos aujourd'hui (en terme de paramètres quand on pense aux Workstations d'avant comme des tritons ou des motifs qui restaient à hauteur d’homme) crois-tu qu’il soit judicieux de monter encore d'un cran en terme de complexité même si une vie ne suffit plus à l’exploiter ?

          SW :J’ai quand-même l’impression que nous avons atteint une certaine limite plutôt qu’un palier. Je pense que c’est lié à un phénomène socioculturel qui veut que l’on privilégie davantage la spontanéité, le plaisir, le résultat immédiat et le cash-back (selon qu’on est musicien ou producteur) à la prise de tête en face d’un instrument.



          AK : La passion pour l'analo et/ou les machines directes, simples mais performantes est- elle un pied de nez inconscient a toutes les machines complexes dans le fond ?

          SW :Oui, j’ai donné quelques éléments de réponse juste avant, c’est un retour où le plaisir et la spontanéité priment sur la complexité.



          AK : On n’a pas mal échangé ensemble il y a quelques années aussi sur les arrangeurs tu te rappelles ?

          Depuis le Tyros 3 sauf erreur de ma part tu n'as plus testé ce type de produit. Est-ce un choix délibéré ou simplement parce que le temps manque ?
          Un petit test du Tyros 5 ou du pa4x serait sympa non ?

          SW :J’avais testé le Tyros 3 parce que je m’en étais acheté un, certainement mes origines de joueur d’orgue de salon. Nous en avions profité pour faire une tentative, mais au final ce n’est pas dans le cœur de cible éditorial. On ne peut pas tout faire, en plus des synthés et BAR, on teste les pianos de scène, mais pas les arrangeurs (bien que le PA4X soit une véritable Workstation, j’en conviens).



          AK : Quelle est la définition d'un bon synthé pour toi finalement dans son essentiel ?

          SW :Un instrument de belle facture qui s’efface devant l’utilisateur et qui apporte un plaisir pour les oreilles et les doigts.



          AK : Penses-tu qu’il soit encore possible de créer des nouvelles synthèses au vu de tout ce qui a été produit jusqu’à ce jour ?

          SW :C’est toujours possible, mais la question c’est de savoir s’il y a un intérêt musical. Il y a plein de synthèses développées en labo en restent à ce stade sans bénéficier de transfert de technologie, parce qu’il n’y a pas de modèle économique viable pour elles. La synthèse élastique développée par Roland sur le V-Synth n’a pas donné tout son jus, tout comme la synthèse dite neuronale développée par Stephan Bernsee, portée sur le Neuron.



          AK : On le voit, le Montage par exemple ne propose pas tant une nouvelle synthèse révolutionnaire mais plutôt une grande puissance d’affectation de paramètres sur des contrôleurs dédiés à faire bouger le son en temps réel (je pense au superknob bien sûr et tout ce qu’on peut en faire pour faire évoluer le son).
          Une des pistes d’évolution future ne serait-elle pas de libérer pour l’utilisateur des tonnes de manières de faire bouger facilement les paramètres puissants par des nouvelles génération de commandes ?

          SW:C’est une piste en effet, mais il ne faut pas tomber dans le travers de la modélisation physique telle que développée sur les VL de Yamaha. C’est génial au niveau du son et des possibilités d’expression, mais si c’est plus compliqué d’apprendre à jouer d’un système complexe de contrôleurs que de l’instrument acoustique modélisé, où est l’intérêt ?



          AK : Tu as un avis sur un contrôleur comme le Roli par exemple ?

          SW :C’est très séduisant quand tu sais en jouer, après un certain temps d’apprentissage pour en tirer toute la quintessence. Le problème est qu’il y a autant de canaux Midi nécessaires que de mouvements, du coup il faut une application derrière capable de générer un son prenant en charge toutes ces commandes… ce qui veut dire un PC ! L’autre point c’est la longévité de la matière utilisée pour le clavier. On manque un peu de recul là-dessus… Il y aura aussi des possibilités très intéressantes dans la réalité augmentée, où on pourra faire des gestes incroyables dans l’espace, impossibles avec un instrument physique. La rencontre des deux pourrait être prometteuse !


          AK : Serions-nous dans la meilleure période pour profiter du choix le plus pléthorique de machines possible ?

          SW :La meilleure je ne sais pas, mais en tout cas la meilleure que nous ayons connue depuis que la synthèse existe. Jamais on n’a eu autant de synthés abordables qui sonnent formidablement bien quelle que soit la technologie employée.



          AK : Crois-tu du coup que le meilleur est encore à venir, ou vit-on une période de stagnation (ne sachant même plus où donner de la tête à cause de toutes ces familles de machines diverses, sans compter les possibilités mao) ?

          SW :Je pense au contraire que l’on vit une période d’expansion de la synthèse. Pas forcément avec de la technologie de rupture, mais par la démocratisation rendue possible par les progrès technologiques. On peut aujourd’hui se payer des synthés analogiques, VA, FM et même des BAR avec moins de 200€. On a connu des périodes de vache maigre sur le marché des synthés. Je me souviens d’une époque déprimée il n’y a pas encore si longtemps de cela. Donc profitons de l’instant présent !
          Dernière modification par lekanut, 18 mars 2017, 16h47.

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          • #6
            AK : Quelle serait selon toi la période la plus riche et la plus fascinante de la manufacture d'instruments électronique ?
            L'age d'or ?

            SW :Pour moi, le premier âge d’or a eu lieu fin 70’s / début 80’s. Il y a eu ensuite des OVNI à toutes les époques. J’ai tendance à dire que l’on vit à nouveau un certain âge d’or, avec une accessibilité fantastique à différentes synthèses qui doit nous réjouir.



            AK : Depuis des années et des années que tu échanges et rencontres les passionnés des synthés, as-tu constaté que nous sommes un peu fous, intellos pour s’amuser avec tous ces paramètres, ou je ne sais quoi d’autre ?
            Sommes-nous plus fous que les guitaristes (rires) ?

            SW :Le synthé est un instrument formidable parce que tu peux l’aborder d’un tas de manières différentes : la programmation en profondeur, l’adaptation de Presets, le jeu sur le clavier, la manipulation des contrôleurs, le câblage en live pour les modulaires… chacun peu l’attaquer par un bout ou l’autre et prendre son pied à sa façon. Il y en a pour les intellos, les aventuriers, les bidouilleurs, les musiciens, les touristes…



            AK : Derrière les passionnés des synthés il y a avant tout les hommes et les femmes qui les conçoivent, les produisent, les jouent à la maison et sur scène etc. etc.
            On sent bien dans ce que tu as exprimé de ton cheminement que tu t’attaches aux gens et au plaisir de les rencontrer.
            Y a-t-il des personnalités/rencontres dont tu pourrais nous parler et qui t’ont marqué plus que d’autres depuis toutes ces années (des simples passionnés méconnus aux gens du métier, qu’ils soient musiciens, concepteurs, développeurs etc. etc.) ?

            SW :C’est difficile de choisir parmi toutes ces rencontres, et puis pourquoi plus l’un que l’autre… je me suis fait un tas d’amis qui composent, jouent, réparent, conçoivent, professionnels comme amateurs. Ce sont avant tout des personnes hyper sensibles avec des hauts et des bas dans leur vie. Il faut être attentif, prendre des nouvelles régulièrement, encourager les projets qui avancent à petits pas, donner un coup de main, féliciter les progrès, célébrer les réussites. J’ai beaucoup d’affection pour les personnes qui se battent sur un morceau, un projet, une réparation ou une restauration, celles qui ne lâchent rien, qui remettent en permanence leur ouvrage sur le métier... C’est à elles que je pense en ce moment.






            AK : Allez, pour finir un petit jeu (ta perception spontanée et subjective peu importe après tout !!!) :



            • Le synthé que tu trouves le plus beau esthétiquement ?


            SW :Je vais répondre par rapport à ceux que je possède. Pour l’esthétique, le Memorymoog sans hésiter.



            • Le synthé que tu trouves le plus moche (juste esthétiquement là encore) ?


            SW :L’Exagone de Cavagnolo dans sa robe d’origine (surtout la version à boutons d’accordéon).



            • Cite moi un synthé que tu trouves plus chaud que les autres.


            SW :Le Kobol en mono, l’OB-X en poly.



            • Un que tu trouves plus froid que les autres ?


            SW :Le PPG Wave 2.3 parmi mes machines vintage, il me glace souvent (dans le bon sens du terme).



            • Un dont la manufacture t’a le plus épaté par le soin qu'on y a apporté ?


            SW :Le CS40M, les potards tournent comme une horloge 40 ans après, les pistes des circuits imprimés sont magnifiques, le soin apporté aux soudures extraordinaire et la sensation devant la façade est jouissive.



            • Le plus fiable ?


            SW :Le DX7 (tous mes autres synthés ont connu des avaries liées à l’âge, même le JP-8, alors que je n’ai eu qu’un changement de pile en 30 ans sur le DX7).



            • Le moins fiable ?


            SW :Les vieux américains d’une façon générale : le Rhodes Chroma et ses connecteurs merdiques, l’OB-X aussi commence à me jouer des tours sur ce point.



            • Le plus polyvalent ?


            SW :Le JP-8, capable d’envoyer des basses qui découpent et de faire des nappes très douces. Assez peu de synthés de cette époque sont capables d’être bons dans tous les domaines. Chacun excelle dans un champ sonore précis, le JP-8 s’en tire bien partout, sans être le meilleur dans chaque compartiment.



            • Un Synthé injustement méconnu tellement il est génial ?


            SW :Je ne vois pas trop, le terme génial est un peu fort. Je pense que certains hybrides vintage comme les Kawai K3/K3M, DW8000/EX8000 ou Ensoniq ESQ1/SQ80 sont des machines encore abordables et pleines de surprises (sans taper dans les Prophet-VS ou PPG Wave dont la cote s’est envolée).



            • Un Synthé analo génial pour débutants ?


            SW :Question difficile : génial pour le son purement analo ou pour l’interface utilisateur ? Pour apprendre, il y a de bons VA.



            • Qu'écoutes-tu comme musique au fait ?


            SW :Je suis très éclectique : ça va du classique (Liszt, Mozart), en passant par le Jazz (Gershwin, Petrucciani), le rock progressif, le métal et bien évidemment les musiques électroniques de fin 70’s / début 80’s en particulier, mais aussi la bonne Electro (clin d’œil à mon pote Marboss). J’ai plus de mal avec les musiques qui propagent l’intolérance plus qu’ils ne la dénoncent.



            • Tes claviéristes préférés ?


            SW :Ça va sembler éclectique là encore : Léonard Bernstein, Michel Petrucciani, Vangelis (en fait, un percussionniste grec que j’ai eu la chance de rencontrer il y a peu ) ou Herbie Hancock, sans oublier Benoit Widemann.



            AK : Bon Éric, je n’ai pas envie de finir avec toi sans te poser cette dernière question parce que je sais qu’on partage tous les 2 le plaisir des bonnes bières.
            Alors tu peux me donner le nom de 2 ou 3 de tes bières préférées ?

            SW :L’Orval, la Delirium Argentum et la Gulden Draak…



            AK : Un très grand merci a toi d'avoir pris le temps de répondre a mes nombreuses questions et nous faire profiter de ta vision si pertinente.

            A bientôt pour tes prochains tests!

            image.jpg
            Dernière modification par tri_tonton, 28 mars 2017, 13h28.

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            • #7
              Génial, merci beaucoup à Synthwalker et Lekanut pour cette interview passionnante :super
              Claviers Nord Stage 2 EX 88, Yamaha Tyros 2, Korg N5, Roland JP-08
              Expandeurs Yamaha MU50, Roland XV-5050 (srx-02, srx-07), Komplete 11
              Dans les cordes Cort 115, Jasmine TS95C, ampli Vox AC5
              http://traitdelumiere.free.fr

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              • #8
                Je lis tout ce que Eric (Synthwalker ) écrit avec grand intérêt , chacune de ses interventions et test , il est brillant , un grand merci à Laurent ( Lekanut ) pour cette interview .
                Dernière modification par Phil326, 14 mars 2017, 16h31.
                - Yamaha Montage 6 - Roland XV5050-SRX07 - VK 8M -D 05 - Novation PEAK Bass Station2 -Waldorf Blofeld - DSI Mopho- Korg Wavestation - Audiothingies MicroMonsta -
                - Maschine Mikro - Fostex PM5 - Behringer1602 - Steinberg UR22-Cubase

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                • #9
                  tout simplement genial
                  merci pour cet interview captivant
                  vivement d'autres interview
                  vivement d'autre test de Synthwalker
                  principal clavier : korg oasys 88
                  clavier : jd800, poly800II, orgue viscount bahia, korg delta, tr61
                  PC : Core i5 2500,16 Go ram, 4x1To en HDD
                  bank : le could de eastwest, quelques banques de sons supplementaire
                  exp : jv1080, s2000, m3r, 03rW, TG500, MDC1, MVS1
                  mix behringer mx3224, rack roland M16E, behringer rx1602
                  BTR : mc505, rx15, tr505, minipop junior, electribe er1, volca beat

                  soft : cubase element 9.30, kontakt 5.6

                  on the web :
                  http://www.cosmozik.com
                  Mon Cloud zik :
                  https://soundcloud.com/cosmozik
                  ma chaine youtube :
                  https://www.youtube.com/channel/UC__..._as=subscriber
                  wichlist : plus riens jai plus de place ....

                  Commentaire


                  • #10
                    merci à vous super interview
                    ________________________________
                    Exb radias en vente

                    Commentaire


                    • #11
                      Vach' je suis souvent très long dans mes messages,
                      mais je suis battu à plates coutures …

                      (je déconn')

                      J'aime beaucoup quand il y a de l'argumentaire, quand c'est suffisamment développé.
                      Là je suis servi ! ::

                      Super intéressant. Merci.
                      Roland RD2000, Nord Piano 2 HP, KORG PA900
                      FocusRite Scarlett 6i6, Lucas Nano 300, 2xMonitors CM30,
                      MacBookPro + Logic Pro X + divers VSTs (AU), Zoom Q2n, Boss VE-5

                      Cheminer ou arriver: quel est mon but ? La musique est un chemin infini...

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                      • #12
                        Oui, il y a de la lecture Un GRAND merci à Synthwalker pour s'être prêté au jeu de l'interview et à Lekanut pour la préparation et la réalisation, ça demande du temps tout ça. Et je n'oublie pas Foreverchild qui a également bien préparé et adapté tout ça au format AK et il y avait du boulot ! Merci à tous les trois donc :super Et aux autres, bonne lecture, vous avez de quoi faire avant la prochaine (dont je vais commencer à m'occuper très bientôt).
                        Nord Stage 2 76 - Roland A-800 Pro - Piano Yamaha LU101
                        RME Fireface 802 - Dell XPS 15 (Windows 10 x64) / Cubase 9 / eaReckon BloXpander / Plugs...
                        Ibanez Electro Acoustique / Fender Precision Bass / Fender Strat

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                        • #13
                          Bravo Laurent et merci à SW , cet échange long et large est super intéressant !!
                          Poupouye

                          L'abus de Net nuit à la nuit

                          John Bowen : Solaris - Dave Smith : Prophet 12 - Roland : Intégra-7 - V-Synth GT2 - Acces : Virus TI 2 - Yamaha : Montage 8 - DX7 II E! - Korg : PA4X 76 - Kronos 2 - MicroX - I5-M - Arturia : SPARK CDM - N.I. : Komplete Ultimate et S25 - RME : Fireface 802 et UCX - Focal : CMS65 + Sub - Yamaha : HS8-W - Presonus : Eris 8 - Edirol : UM-880 - AKG : 712

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                          • #14
                            ça c'est de l'entretien !!! un sacré monsieur ce Synthwalker !!!

                            Cordialement

                            Serge
                            Korg Krome, yamaha DX7 ,roland D50, korg M3R, clavier maître roland A37, M-audio vénom,Korg wavestation, mixage Yamaha MG124C, enceintes Tapco, Linux Tango studio, portable dell win XP, carte M-audio 2496, U control U 222 berhinger, lespaul custom gibson, + quelques autres grattes, micro shure SM 58, yamaha QX7 et Korg triton, Alesis SR 16, Alesis multiverb 4, TC Helicon Harmony-M

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                            • #15
                              Super entretien, merci à tous les acteurs.
                              Korg Pa600, Yamaha MOXF8, Korg nanoKontrol2, Behringer Xenyx QX1002USB
                              Mes ressources gratuites pour Korg PA600 et compatibles: Set Dopamine 2.6

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