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improviser au piano façon "jazz"

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  • improviser au piano façon "jazz"

    Bonjour, mon titre de sujet peut paraître étrange et je vais l'expliquer.
    J'ai appris le piano principalement en autodidacte, avec des méthode d'harmonie et très peu de solfège. Mon style de jeu est assez lent car je choisis mes notes, mélodiques pour la main droite, et arpégées ou plaquées pour la gauche en temps réel. Je peux aussi retrouver très vite des morceaux d'oreille en les rejouant a ma façon (avec un accompagnement personnel) mais je garde l'harmonie et la mélodie à peu près intacts.

    Pendant longtemps, je jouais principalement mes morceaux en do majeur/la mineur (en transposant). Maintenant c'est plutôt en sol majeur/mi mineur tout en étant moins à l'aise sur des tonalités "exotiques". Pour la technique, je dissocie très mal les deux mains et à mon regret, mes rythmes restent simples (je commence à essayer les croches d'une main et triolets de l'autre en même temps).

    Un enregistrement de mon jeu serait plus parlant et c'est pour bientôt

    En fait je viens ici vous demander conseil pour improviser dans un style smooth jazz. Quand j'improvise actuellement, la mélodie et l'harmonie restent toujours très proches. Au fil du temps j'ai retenu quelques techniques utiles pour jouer plus jazz. Le swing bien sûr. Les cadences comme le 2-5-1 avec les renversements d'accords appropriés mais ça reste léger.

    Si on écoute du jazz "avancé", exemple au hasard Diana Krall qui joue "fly me to the moon" au piano ( ça m'avait marqué parce que je connais bien le thème), c'est comment dire, magnifique et... incompréhensible à mes oreilles. Cela ne l'est pas autant que du Michel petrucciani (là en plus de ne pas comprendre, je n'arrive plus à apprécier tant il part dans des envolées rapides et assez dissonantes).

    La principale difficulté est là : même à l'écoute de pianistes plus lents, en jazz c'est difficile de rejouer ce qu'on entend.
    Je sais bien que c'est un "monde" immense mais par quoi commencer ? Je me souviens quand j'avais demandé un tutoriel pour comprendre les abréviations de ma workstation sans réaliser l'ampleur du boulot que ça impliquait. Mais je suis prêt à m'impliquer pour très longtemps.

    Alors est-ce que vous avez des astuces, des idées ?
    Improviser sur toutes les tonalités pour connaître parfaitement ses accords et renversements ?
    Jouer des gammes correspondantes au style : blues, pentatoniques ?

    Par exemple j'ai découvert que j'adorais la septième mineure à la basse sur un accord de dominante (sur un Si7 cela ferait La-Fa#-Si). Pas spécialement en jazz pour le coup.
    En fait ça dépend aussi beaucoup des goûts de chacun et je ne choisirais pas des arpèges qu'un autre pianiste pourrait jouer souvent.
    Mais comme certains arpèges reviennent très souvent en classique, est-ce qu'il y en a dans le jazz ?
    Auriez vous des liens, tutoriels dans le genre (plutôt en français ou anglais).

    Merci d'avance

  • #2
    Bonjour Pierre

    Vaste sujet ! J'essaie de m'initier au jazz depuis quelques années et ce qui est sûr c'est que c'est un long chemin. Il y a beaucoup de recettes miracles disponibles en livres, cd, dvd, you... mais aucune ne marche avec moi .
    Pour progresser le plus rapide c'est :
    • écouter du jazz non stop,
    • trouver un prof de piano jazz
    • faire des jam en atelier ou sur scène
    Pour les tutos sur youtube si tu n'en as pas trouvé je peux t'envoyer les noms de youtubeurs.

    Bon courage

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    • #3
      Très vaste sujet ... Ecouter un maximum de musique tout style ... jouer sur les rythmes ... sur les modes ... et surtout pratiquer le plus souvent possible.
      Mes Compagnons "de Baal" ! Non ... de plaisir :
      KeyB Duo MK III / Leslie 3300 / Yamaha CVP 69 / Fender Rhodes Mark I 88 Stage (1969) / Roland JC 120 ... Daniel ...
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      • #4
        Pas mieux. Perso j'ai pas mal progressé en jouant sur des boucles d'accompagnement encore et encore.
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        • #5
          Dans un premier temps je te conseillerai de mettre de côté ce genre de phrase "Cela ne l'est pas autant que du Michel petrucciani (là en plus de ne pas comprendre, je n'arrive plus à apprécier tant il part dans des envolées rapides et assez dissonantes)." elle n'est ni "jazz" ni en corrélation avec "Mais je suis prêt à m'impliquer pour très longtemps".

          Je m'explique, il n'y a pas a proprement parlé de dissonances en jazz, je ne dis pas qu'elles n'existent pas mais la majeure partie du temps elles proviennent d'un enrichissement des accords et ce qui va te sembler dissonant actuellement te semblera tout a fait consonant a l'avenir si tu persévères dans ton initiation (en jazz ce terme convient mieux que apprentissage). Par exemple Michel Petrucciani sonne plutôt bien tonal a mes oreilles et sa virtuosité ne m'impressionne qu'en rapport avec sa morphologie, il joue avec des débits de notes assez communs dans le monde du jazz. Je considère aussi que parmi les jazzmen modernes il est de ceux qui l'ont rendu le plus accessible avec un jeu très mélodique, voir parfois "facile" ce qui pouvait lui être reproché par certains puristes.

          Les enrichissements ce sont les notes que l'on ajoute a un accord de base : l'accord de DoM (autant faire au plus simple) donne do, mi, sol, c'est un accord majeur, il peut se retrouver dans différentes tonalité qui n'auront pas le do le mi et le sol d'altérés, par exemple et évidemment en premier degré de la gamme de do majeur (do, ré, mi, fa, sol, la si) ou en quatrième degré de la gamme de fa majeur (fa, sol, la sib, do, ré, mi,) ou encore en sixième de celle de mi mineur (mi, fa#, sol, la, si, do, ré#).
          Le degré sur lequel cet accord est placé détermine une fonction par rapport aux autres accords qui n'est pas modifiée par les altérations qu'on lui apporte.

          Si je prends do, mi, sol de la gamme de DoM, c'est l'accord de premier degré, de tonique, celui autour duquel toute la composition va tourner si c'est la tonalité du morceau.
          Le premier enrichissement a faire en jazz est d'ajouter la septième soit la note si pour notre accord de Do ce qui donne, do, mi, sol, si (un accord est une succession de tierces). Rien qu'avec ça on évoque le jazz, l'effet est encore plus convaincant quand on ajoute la neuvième, soit le ré (do, mi, sol, si ré) et ainsi de suite sachant qu'en général in s'en tient a la neuvième pour camper la tonalité si on veut rester 'simple'.

          Mais l'enrichissement peut faire appel a des altérations, toujours dans notre exemple on peut enrichir en se simplifiant la composition de l'accord, plutôt que de penser qu'on joue un accord de do avec des extensions qu'on ajoute tu peux penser en superposant deux accords. Si tu prends l'accord de DoM sur lequel tu poses l'accord de RéM soit do, mi, sol, si, ré, fa#, la, tu obtiens une coloration moderne surtout si tu restes dans la gamme de DoM, soit en le pensant sur le premier degré.... et bien sur tu commences a sonner de plus en plus "dissonant" mais en principe il y a moyen d'expliquer ces enrichissements qui proviennent de ce qu'on appelle des substitutions. C'est a dire qu'on connait l'accord d'origine d'un morceau, celui qui va sonner de façon évidente en terme d'harmonie classique/traditionnelle mais qu'on va le remplacer en se basant sur des règles harmoniques tout a fait codifiées qui font que la "dissonance" disparaît puisqu'elle est explicable ou justifiable a l'aide de la culture générale de ce genre musicale.

          Il faut aussi comprendre que l'évolution du jazz s'est faite en un tout petit siècle et qu'il est passé de la musique populaire d'entertainement a une musique qui s'est académisée au fil du temps. A comparer a la musique classique qui a mis des siècles pour passer de Lully a John Cage. Les musiciens de jazz de la moitié du XXème siècle avaient pour la plupart une bonne culture de musique classique et pour le moins un attrait pour elle et ils ont fait du jazz une sorte de substitue a la musique a laquelle ils n'avaient accès. C'est ainsi qu'un Charlie Parker était fan de Beethoven ou qu'un Duke Ellington avait sérieusement étudié Claude Debussy dont il s'inspirait harmoniquement pour ses compositions, l'évolution générale de cette musique a créé des passerelles de plus en plus évidentes au point de quasiment devenir une extension de la musique classique avec des gens tel que Keith Jarret.

          Comme dit plus haut, il faut écouter, écouter, écouter et encore écouter pour se familiariser avec ce qui est de l'ordre du langage et parvenir a entendre ce que tu as très justement nommé des phrases. Evidemment il est mieux de faire un apprentissage des règles harmoniques et faire un travail sur le rythme qui au final est plus important, c'est ce qui permettra de se repérer dans ce qu'on écoute au même titre qu'on comprend mieux une langue quand on sait l'écrire.



          http://www.varranger.com

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          • #6
            Merci. Je vais en écouter davantage pour m'en imprégner davantage. Je réfléchis aussi à ta réponse Lylo.

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            • #7
              Pour donner du sens à ce qui précède, je me suis enregistré. Voilà le lien :
              https://www.youtube.com/watch?v=upnrHb2Jh0Q

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              • #8
                J'en ai écouté 20 mn. C'est bien dans le sens où tu avances dans tes idées avec fluidité mais comme tu le dis plus haut, ça tourne en rond. Aussi on est plus dans le registre ambiance piano-bar plutôt que pianiste de jazz qui se produit sur scène en solo.

                En fait je pense que tu devrais bosser des thèmes de jazz et aussi composer des morceaux qui découleraient de tes impros afin de structurer ton discours, ça t'ouvrirait des portes harmoniques que tu n'oses ou n'imagines pas franchir.

                Il y a aussi la question du rythme qui est très importante (et selon moi plus importante que l'harmonie) pour sonner "jazz". A priori je n'entends pas de gros problèmes de ce côté mais il faut plus de rigueur dans le jeu et surtout nous faire et te faire entendre la pulsation, sans cette notion primordiale tu sonneras toujours "piano-bar" et non pas "jazz" (et ne pas oublier la phrase de Duke Ellington "sans le swing cette musique n'est rien").

                Je ne connais pas ton parcours pour en être arrivé là mais je pense qu'en faisant ton chemin initiatique dans le jazz tu peux arriver a quelque chose de bien.
                http://www.varranger.com

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